Adélaïde (Lupita NYONG’O) part en vacances à Santa Cruz avec son mari et ses deux enfants. Tout se déroule à merveille jusqu’à ce qu’une nuit, une famille identique à la sienne les attaque et les traque. La chasse commence…

Avec son premier long-métrage, Get Out, Jordan PEELE avait frappé un grand coup dans le paysage du film d’épouvante, en proposant des thématiques liées au racisme, à la ségrégation et à la modification de science-fiction, à la Mary SHELLEY. Trois ans plus tard, c’est au tour d’Us d’envahir nos écrans, afin de vérifier si le réalisateur réussit à nous surprendre une seconde fois. Et c’est un pari réussi.

Lupita NYONG'O

Dans les films d’horreur récents, très peu sont restés mémorables car empreints d’une réalisation particulière et réussie. On peut notamment citer la saga Insidious (initiée par les deux opus de James WAN), les Conjuring (James WAN encore, en omettant les spin-off qui ont peu d’intérêt), Ça (d’Andy MUSCHIETTI) et Get Out de Jordan PEELE. C’est quelques années après que le réalisateur décide de remettre le couvert avec Us, film teinté d’un mysticisme ambiant et qui prouve que Jordan PEELE possède une réelle maîtrise du cinéma et des moyens mis à sa disposition. Alors que tout semble découler d’une histoire assez classique, très rapidement le spectateur se retrouve face à une pièce de théâtre, où tout est minutieusement préparé. Coups du sort, rebondissements, révélations, chocs… Us nous fait passer par tous les états, offrant une histoire d’horreur visuelle et narrative. Peu de jump scares, mais une inventivité certaine, où plans et musique vont se lier pour former une fresque intimiste et horrifique autour de cette famille qui doit fuir des doubles meurtriers.

Evan ALEX

En tête d’affiche, Lupita NYONG’O (récemment aperçue dans le Black Panther de Ryan COOGLER), qui devient une figure forte et fragile à la fois, mère et amante, protectrice et prédatrice. Plusieurs figures, plusieurs masques que l’héroïne adopte, devenant un reflet même du fil rouge du long-métrage. Sur fond d’horreur, Jordan PEELE adopte à nouveau un point de vue engagé, caché sous la direction narrative et horrifique. Un point de vue qui traite de la place de l’humain, de la ségrégation, de l’esclavage et de la dissimulation. Tout cela tend à donner un Us un cachet de film d’auteur, puisque le réalisateur y met tout son amour du cinéma, qui transpire à chaque plan, chaque mise en scène et porté par la magnifique musique de Michael ABELS. De l’horreur inédite, qui sort des sentiers battus et propose du neuf.

Winston DUKE, Lupita NYONG'O et Evan ALEX

À travers une photographie assez sombre, où le rouge et le noir sont les couleurs prédominantes, Jordan PEELE nous fait découvrir un nouveau visage de l’Amérique, voire du monde et de sa société. Si les acteurs et l’ambiance restent sublimes, c’est surtout le traitement général qui fait d’Us un film maîtrisé sur de nombreux plans, montrant que le réalisateur sait de quoi il parle. Pourtant, il n’évite pas le même défaut inhérent à Get Out, à savoir la volonté de vouloir tout théoriser et annoncer, offrant de ce fait un dernier quart très inégal et bien trop flou, laissant comme un arrière-goût d’inachevé. On se serait contenté d’une fin plus brute et naturelle, laissant les personnages exprimer toute leur rage et leur colère (et ce malgré un duel final des plus marquants, cinématographiquement parlant, via un montage des plus instructif et sublime), mais on ne regrette pas cette nouvelle pépite du réalisateur. On espère simplement que le final de son prochain film se voudra plus original et assumé que ceux de Get Out et Us.

P

Les Points Positifs

  • L’ambiance
  • La musique
  • La photographie
O

Les Points Négatifs

  • La fin
  • Un humour parfois trop intrusif