Jocelyn (Franck DUBOSC) pense tout avoir. Riche et puissant, il a la particularité de mentir sans arrêt pour se lancer des défis perpétuels. Mais quand l’un de ses challenges le force à se faire passer pour un handicapé en fauteuil pour s’approcher d’une femme, tout dérape quand la sœur de celle-ci se révèle être handicapée.

Célèbre comédien de scène, Franck DUBOSC a déjà tenté l’aventure du cinéma, en tant qu’acteur. Parfois pour du très bon (on pense à Incognito ou Barbecue) et parfois pour du plus mitigé (la trilogie Camping, offrant le rôle phare de DUBOSC au cinéma). Mais ici, on change les habitudes. Le comédien passe derrière la caméra, et officie en tant que réalisateur sur son premier film. Et il nous prouve qu’il en a sous la casquette.

Franck Dubsoc et Alexandra Lamy

La comédie est peut-être le genre qui fait le mieux fonctionner le modèle cinématographique français depuis quelques années. Si, parfois, on trouve de petites perles touchantes et drôles (notamment le cinéma d’Olivier NAKACHE et Éric TOLEDANO), nous subissons souvent du vulgaire, du lourd et du sans intérêt. Alors entre un Dany BOON et La Ch’Tite Famille ou Franck DUBOSC et son Tout le Monde Debout, que regarde-t-on ?

Définitivement le second choix. Loin d’être facile, la première réalisation du comédien se révèle pleine de surprises, remplie de bonne humeur et d’acteurs concernés par leurs rôles. On ne sombre jamais dans le graveleux ou le potache, l’humour et la tension savent rester justes, à tout point de vue.

Repas galant pour Jocelyn et Florence

Franck DUBOSC (officiant également en tant que premier rôle) et Alexandra LAMY crèvent l’écran, forment un duo plein de malice et avec un trait très fin. On savoure leur aventure tout au long du film, surtout que l’humour est réellement bien pensé. On retrouve presque un aspect britannique, avec une certaine influence des Monty Python, ou encore le cinéma d’Alain CHABAT (ou des Nuls en général). Blagues en arrière-plan, gimmicks récurrents, clins d’œil discrets…

De petites idées disséminées dans le film et qu’un spectateur curieux remarquera et ne comprendra peut-être qu’au second ou troisième visionnage. Un aspect bienvenu, qui apporte de la fraîcheur au genre de la comédie française.

Jocelyn est debout finalement

Le film n’est pas en reste avec le reste du casting, parfait également. Car si l’intrigue repose sur deux personnages principaux, il ne faut pas oublier les deux rôles secondaires soutenus par Elsa ZYLBERSTEIN et Gérard DARMON.

Comédiens talentueux, ils apportent leur pierre à cet édifice cinématographique et justifient pleinement leur implication dans Tout le Monde Debout. En plus de ce quatuor d’acteurs, Franck DUBOSC nous réserve quelques surprises, quelques invités très bien trouvés.

Mais ce qui attire le plus l’œil dans ce film, c’est bel et bien sa réalisation.

Usant de cadrages et de procédés peu usés du cinéma français, DUBOSC prouve qu’il maîtrise son sujet et sa caméra. Certains plans brillent de par leur photographie, de par leur visuel, sublime par moments. Le réalisateur joue sur les formes, les couleurs, les angles et livre quelque chose de très personnel et de très réussi.

Ajoutons à tout cela une bande-originale vibrante, et vous aurez l’un des films français de cette année. Une excellente comédie, qui n’a pour défaut que ses minutes finales qui n’arrivent pas à se dépêtrer du cliché, pourtant évité durant tout le reste du scénario. Une faute que l’on pardonne volontiers face à la qualité du film, surtout pour une première réalisation.

P

Les points positifs

  • L’humour
  • Les acteurs
  • La maîtrise de la réalisation
O

Les points négatifs

  • Les dernières minutes