Dans une station orbitale, plusieurs chercheurs de différentes nations tentent de créer une nouvelle source d’énergie pour palier aux crises sur Terre. Mais après un test, la planète a disparu, et les membres de la station se retrouvent face à des phénomènes étranges et dangereux.

Produite par J. J. ABRAMS, la saga Cloverfield s’est toujours démarquée par une approche cinématographique des plus étranges, proche de ce que proposait La Quatrième Dimension. Chaque film de la franchise est sorti dans des situations mystérieuses, officiellement annoncés quelques mois ou semaines avant leur sortie. Mais ici, avec The Cloverfield Paradox, on bat un record puisque le film n’a été dévoilé que durant le Super Bowl pour être mis en ligne sur Netflix immédiatement après !!! Du jamais-vu, pour une saga qui continue son bout de chemin.

Sans dessus-dessous

Tout comme ses aînés, The Cloverfield Paradox est sorti dans le plus grand des secrets, mais avec une communauté ardemment attachée à cette licence. Tout comme 10 Cloverfield Lane, deuxième opus de la saga, ce troisième volet était amené à être un tout autre film avant que les producteurs décident de le relier au Cloverfield de Matt REEVES, sorti en 2008.

Seulement, la manière de faire reste toujours délicate. Bien que brusque, la fin de 10 Cloverfield Lane avait le mérite de coller un minimum avec l’intrigue dépeinte durant tout le film, avec cette idée de huis-clos étouffant. Ici, c’est fait de manière beaucoup plus… aléatoire. Le plus gros problème de The Cloverfield Paradox réside dans son aspect en tant que film. Là où Cloverfield et 10 Cloverfield Lane disposaient d’une sortie en salles puis en édition physique, The Cloverfield Paradox est un film estampillé Netflix. Et un film Netflix ne sera jamais réellement un film de cinéma.

Mal à l'oeil ?

Comme l’ont prouvé quelques récents exemples (dont notamment le Bright de David AYER), le cinéma de Netflix est plus un reflet du cinéma américain. Il est difficile de l’imiter, avec ses décors, son budget, ses acteurs… Pourtant, The Cloverfield Paradox essaie. Possédant un budget conséquent mais surtout un casting de luxe, le film se paye une virée en plein espace qui aurait pu faire rêver.

Ziyi zhang et Daniel Brühl

Seulement, on n’y croit pas un seul instant. Les enjeux sont flous, les acteurs peu intéressés et surtout les événements s’enchaînent avec les plus grands clichés du genre. Là où Life – Origine Inconnue de Daniel ESPINOSA (sorti l’an dernier) réussissait à piocher dans des films comme Alien – Le Huitième Passager de Ridley SCOTT tout en créant sa propre cinéphilie, le film de Julius ONAH pêche par trop d’imitations.

On n’y croit pas, les effets spéciaux sont à la limite du risible et on ne retrouve pas la patte Cloverfield. Certains aspects réussis sont noyés par le reste, et la fin ainsi qu’une intrigue secondaire plate montre bien les ajouts faits au film d’origine pour qu’il devienne membre du « CloverfieldVerse ». On rejette surtout la faute sur Netflix, car un film sur grand écran aurait peut-être pu rendre hommage au scénario originel.

Quoiqu’il en soit, on redoute désormais l’avenir de cette franchise, avec un quatrième opus déjà prévu, intitulé Overlord et mettant en scène des Nazis durant la Seconde Guerre Mondiale.