Accusé pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Henri CHARRIÈRE (Charlie HUNNAM), également surnommé Papillon, est envoyé dans un bagne en Guyane, où les chances de survie sont minces. S’alliant avec un riche milliardaire, Louis DEGA (Rami MALEK), Papillon va tout faire pour s’évader de l’Île du Diable.

Au départ, c’est un roman supposé être autobiographique de la vie de Henri CHARRIÈRE. Puis, c’est devenu un film en 1973 de Franklin J. SCHAFFNER avec Steve MCQUEEN et Dustin HOFFMAN. Aujourd’hui, c’est le premier grand film de Michael NOER. C’est une revisite du mythe de Papillon, porté par Charlie HUNNAM et Rami MALEK. Et c’est une réussite.

Tentative d'évasion de Papillon

Il règne dans ce nouveau Papillon une aura d’aventure, d’exotisme, qui plonge le spectateur dans cette ambiance des années 1930, où être placé au bagne revenait à être mis en Enfer. En usant de décors véritables, Michael NOER colle au plus près de ses personnages, usant souvent du gros plan pour resserrer le cadre sur ces prisonniers, qui voient leur espoir être broyé petit à petit par le système carcéral. La folie les guette, folie retranscrite à l’écran par le biais de petites touches de couleur, d’un travail assez formidable sur le son, et d’acteurs extrêmement convaincants.

Louis Dega et Henri Charrière alias Papillon
Louis Dega pensif dans sa prison

Papillon est ici campé par Charlie HUNNAM, gueule cassée déjà aperçue dans Pacific Rim (Guillermo DEL TORO, 2013), Le Roi Arthur – La Légende d’Excalibur (Guy RITCHIE, 2017) mais surtout dans la série Sons of Anarchy (Kurt SUTTER, 2008-2014). Le comédien offre un travail remarquable, bagnard qui n’abandonne rien et qui préférera mourir que de rester enfermé en prison. Face à lui, Rami MALEK, tête d’affiche de la série Mr. Robot (Sam ESMAIL, 2015-…) et futur Freddie MERCURY dans le biopic Bohemian Rhapsody (Bryan SINGER, 2018). Ensemble, le duo de comédien est ce que l’on retient le plus de ce Papillon. Ils transmettent une force, une complicité retranscrite à la perfection. Chacun est on ne peut plus juste dans sa partition, donnant à ce film d’aventure une perspective historique surprenante mais efficace.

Fort de deux heures, Papillon ne perd pourtant pas de temps dans les futilités, installant une brève introduction pour mieux mettre en relation les personnages de Papillon et Louis. L’ensemble du scénario reposera ensuite sur la survie, les plans d’évasion, les mises en pratique et de très beaux moments que nous tairons volontairement pour garder au lecteur la surprise. Quiconque connaît l’histoire d’Henri CHARRIÈRE ou a déjà vu le premier Papillon (Franklin J. SCHAFFNER, 1973) ne sera pas surpris par cette nouvelle itération. Mais il y gardera tout de même un plaisir certain. Faisant office de film d’aventure old-school, on revit une époque à la Steve MCQUEEN, avec de nouveaux comédiens. La réalisation se révèle soignée et précise, où Michael NOER n’use que de plans larges pour offrir une certaine poésie dramatique. Car le film baigne dans un certain onirisme, qui peut basculer à tout instant dans une folie sombre.

P

Les points positifs

  • Les personnages
  • L’ambiance historique et sombre
  • La réalisation
O

Les points négatifs

  • Une fin un peu raccourcie