Après six mois d’incarcération, Gellert GRINDELWALD (Johnny DEPP) s’échappe avec une idée en tête : prendre le contrôle de la communauté magique et moldue. Désireux de le contrer, Albus DUMBLEDORE (Jude LAW) envoie Norbert DRAGONNEAU (Eddie REDMAYNE) l’affronter. Des destins vont se croiser là où d’autres vont rencontrer des couleurs bien plus sombres…

La franchise Harry Potter n’est pas encore morte. Deux ans après Les Animaux Fantastiques, David YATES rempile avec sa suite directe, toujours sous la houlette de Norbert DRAGONNEAU et ses comparses. Plus que jamais relié à l’univers originel du sorcier à lunettes, Les Animaux Fantastiques – Les Crimes de Grindelwald divise, effraie ou intrigue.

Faire continuer une série bien après son moment de gloire est souvent chose compliquée. Peter JACKSON a commis quelques erreurs sur sa trilogie du Hobbit, les Star Wars suscitent bien des réactions, et que dire du dernier Jurassic World – Fallen KingdomVoir donc une série spin-off sur Harry Potter se déroulant 70 ans avant était chose inquiétante pour certains. Le premier opus gardait toutefois cette naïveté magique, ces personnages chaleureux et son action débridée. La suite n’a rien à voir avec tout ça. Les Animaux Fantastiques – Les Grimes de Grindelwald est sombre, violent, réaliste dans son propos et on ne peut plus défaitiste. Cela en fait-il un mauvais film ? Difficile de ne pas tomber sous le charme d’une nouvelle aventure de nos nouveaux sorciers, rythmée d’embûches, de trahisons et de crimes. Sur ce point, le scénario ne déçoit pas.

Étoffant un maximum l’univers établi par J. K. ROWLING (quitte à faire quelques incohérences que les Potterheads verront d’un mauvais œil), le film se permet des passerelles avec la saga originelle qui apportent son lot de profondeur à l’intrigue. Albus DUMBLEDORE fait son grand retour sous les traits de Jude LAW, mais pourtant bien trop absent à l’écran tout comme Johnny DEPP en GRINDELWALD, glaçant de méchanceté et de maîtrise. Des personnages que l’on sait destinés aux opus suivants, mais qui sont ici sous-exploités.

Car Les Animaux Fantastiques – Les Crimes de Grindelwald déçoit dans sa manière d’être un film. En réalité, cet opus n’est qu’une transition, où chaque personnage et son intrigue sont destinés à être étoffés dans les volets à venir. Le film n’a pas une utilité quelconque, car malgré disperser quelques indices au fil de l’histoire, on ne retient qu’un plot-twist impressionnant (mais dont on attend les vraies conséquences) et pas grand-chose de plus. Les effets visuels restent impressionnants, la musique saisissante, mais le reste paraît fade. Paris ne devient qu’une ville grisâtre et morne (certes en adéquation avec la montée au pouvoir de GRINDELWALD), mais qui fait perdre l’aspect magique propre à la saga d’origine. Pas un mauvais point en soi, mais assez différent pour que l’on tique dessus. Reste que le fait d’avoir à faire à un opus à transition, fortement contrariant, sera un pivot essentiel dans quelques années. Lorsque les cinq opus seront connus de notre vision, nous pourrons peut-être affirmer que ce second volet avait sa place dans la saga. Mais ici, en 2018, nous n’en gardons quasiment rien. Un film inachevé, qui laisse un sentiment assez désagréable malgré les qualités du film.

P

Les Points Positifs

  • L’ambiance
  • Johnny DEPP
  • Les effets visuels
O

Les Points Négatifs

  • Avoir à faire à un épisode de transition
  • Un peu complexe