Harry HOLE (Michael FASSBENDER) est au fond du trou, n’arrivant plus à joindre les deux bouts entre vie professionnelle et vie privée. Seulement, un tueur refait surface. Virulent, malin et violent, il est sans pitié. Assisté par Katrine (Rebecca FERGUSON), Harry va devoir secouer de nombreux mondes pour mettre la main sur le tueur.

Tomas ALFREDSON, du haut de ses deux réalisations (Morse et La Taupe) s’est vite imposé comme une personne à suivre de près. Lorsqu’il décide de s’attaquer aux romans de Jo NESBØ, avec en tête d’affiche Michael FASSBENDER, on s’impatiente. Seulement, à l’image de Zack SNYDER et son Justice League, le film est passé par de nombreux obstacles, tant et si bien que le résultat final est… creux. Explications.

Au premier coup d’œil, Le Bonhomme de Neige a l’air d’un thriller honnête, dans la droite lignée d’un Seven mêlé à Prisoners. Avec Tomas ALFREDSON à la réalisation, l’attente monte d’un cran. Et avec un casting affichant Michael FASSBENDER (Shame), Rebecca FERGUSON (Mission : Impossible – Rogue Nation), Val KILMER (Heat), Charlotte GAINSBOURG (le diptyque Nymphomaniac), J. K. SIMMONS (Whiplash) ou encore Toby JONES (Captain America – First Avenger), le film devient de plus en plus intéressant. Mais au final, on est cruellement déçus…

Le Bonhomme de Neige est le second film de l’année avec le Justice League de Zack SNYDER à avoir subi de nombreux problèmes durant sa création, pour qu’au final le résultat semble fabriqué de toutes pièces. Ainsi, le film souffre d’énormes problèmes de rythmes, accompagné par de nombreuses incohérences.

Katrine Bratt et Harry Hole

Le scénario ne tient absolument pas la route, les événements s’enchaînent à une rapidité folle sans vraiment suivre une logique définie. Les personnages sont souvent ridicules, portés par des motivations vaines et pris parfois d’une stupidité sans bornes. On est effarés devant toute cette ambiance qui sonne faux, on ne ressent aucun enjeu et la fin est brusquée au maximum pour qu’en vienne même à penser qu’il y a eu une erreur dans la bobine (oui, on n’utilise quasiment plus de bobine. Figure de style. Zut.). Une enquête des plus plates, qui avait pourtant de quoi tenir en haleine le spectateur.

Une victime du Snowman

Certains éléments restent tout de même intéressants à relever.

Premièrement, et énorme point positif du film, la musique signée Marco BELTRAMI est sublime. Nous avons déjà eu l’occasion de l’entendre dans le Logan de James MANGOLD en début d’année, et ici il livre un score sublime, sublimant le caractère angoissant de l’enquête, avec des pointes de nostalgie et de frayeur. Si on ne devait retenir qu’un seul aspect du film d’ALFREDSON, c’est bien la musique.

Par ailleurs, on retrouve quelques montées d’adrénaline dans le scénario, qui témoignent encore plus de la séparation survenue au moment du tournage. On ressent ce manque d’organisation, et au final les bonnes scènes sont noyées dans l’océan d’incohérences. Dommage, parce qu’avec du temps et des moyens, on aurait préféré voir la véritable version du réalisateur. Ce-dernier propose par moments des plans du plus bel effet, très stylisés et contemplatifs.

On retourne ensuite dans des milieux plus refermés et voyeuristes, preuve de la maîtrise d’ALFREDSON, quand on lui en laisse le temps. Parce qu’ici, nous sommes en présence d’un film non fini, et qui en plus présente des effets spéciaux du plus mauvais effet.

Les acteurs ne croient pas en leur personnage, FASSBENDER est simple et Charlotte GAINSBOURG est clairement à côté de son rôle. Seule Rebecca FERGUSON arrive à tirer son épingle du jeu. Un peu. Le reste du casting ? Il passe inaperçu.

P

Les points positifs

  • La bande son
  • Certains traits du scénario
O

Les points négatifs

  • Histoire bancale
  • Jeu d’acteurs
  • Les effets spéciaux