Inspiré par le geste héroïque de Superman (Henry CAVILL) lors de leur affrontement contre Doomsday, Bruce WAYNE (Ben AFFLECK) décide de regrouper une équipe de super-héros pour contrer les pires menaces que la Terre ait à affronter. Batman, Wonder Woman (Gal GADOT), Flash (Ezra MILLER), Cyborg (Ray FISHER) et Aquaman (Jason MOMOA)… La Justice League est en marche.

Depuis 2013, l’Univers Cinématographique DC Comics n’aura subi que des critiques et des échecs. Suite aux scandales cinématographiques qu’ont été Batman v Superman – L’Aube de la Justice et Suicide Squad en 2016, la Warner a préféré opter pour une politique plus douce, qui n’est pas sans rappeler celle qui fait la renommée du concurrent principal, l’Univers Cinématographique Marvel Studios. Avec Wonder Woman de Patty JENKINS sorti cette année, place à l’espoir et à l’héroïsme pur. Mais là où Marvel en est déjà à dix-sept films depuis 2007, DC arrive à son cinquième et sort sa pièce maîtresse, Justice League. Censé rivaliser et surpasser le phénomène Avengers de 2012, le film de Zack SNYDER aura connu deux années d’enfer, en termes de casting, de tournage, de production, de post-production… En appelant à la rescousse Joss WHEDON (Avengers, Avengers – L’Ère d’Ultron) pour finaliser le film, et Danny ELFMAN pour la musique, la Warner a fait prendre à son univers cinématographique un tournant décisif…

Flash, Superman, Cyborg, Wonder Woman, Batman et Aquaman

Dire que Justice League fut une épreuve, tant pour son équipe que pour le public, serait bien en deçà de la réalité. Depuis son annonce en 2015, le film n’aura fait qu’enchaîner les rumeurs et les nouvelles allant de la très bonne à la plus sombre.

Désistements, rajouts de scènes pour équilibrer la vision initiale de SNYDER avec de l’humour, reshoots nombreux, musique refaite… Au final, le film sort ce 15 novembre 2017. Réalisé par Zack SNYDER certes, mais également repris par Joss WHEDON et les pontes de la Warner. D’une durée de deux heures, Justice League réussit à convaincre.

Blockbuster avec du cœur, on retrouve avec plaisir ces personnages tirés de l’écurie DC. Voir tous ces héros évoluer pour la première fois au sein d’un seul et même film pour la première fois a un caractère plutôt jouissif. Chaque personnage est habité par son histoire. D’un Batman vieillissant à un Flash novice plongé dans un monde qu’il ne soupçonnait pas jusque-là… Les interactions entre les membres de l’équipe sont fluides, aérés et proposent de vrais moments intéressants.

Les scènes d’actions restent pour la plupart de très bonne facture, car orchestrées d’une main de maître par le réalisateur. Plans iconiques, ralentis, moments épiques… On n’a pas le temps de s’ennuyer sur la durée du film. Les nouveaux héros sont introduits avec brio.

En sortant du film, on est plus motivé que jamais pour voir les aventures solos de Flash, Aquaman et même Cyborg. Zack SNYDER n’a pas perdu la main, et l’impression de voir un comic-book évoluer sous nos yeux est plus que jamais présente. Ben AFFLECK est définitivement Batman, Gal GADOT apporte de la fraîcheur avec son personnage de Wonder Woman (notamment après le succès de son film), Ezra MILLER apporte la touche comique avec Flash et Jason MOMOA convainc en interprétant un Aquaman en marge de la société, sans pour autant voler la vedette à ses camarades (on attend désormais son film l’an prochain, réalisé par James « Insidious » WAN).

Une partie de la justice League

La surprise du film reste Ray FISHER, qui affiche un Cyborg des plus torturés et avec un réel background. Malgré un scénario des plus simple, on retrouve des thématiques propres à Zack SNYDER et son cinéma, avec quelques notions idéologiques et politiques dans la société contemporaine… Mais pas autant qu’avant.

Alors oui, Justice League convainc. Oui, on est ici face à un film de super-héros pur, qui a le mérite de ne pas utiliser l’humour à des fins scénaristiques et commerciales. Seulement, on ressent un certain clivage. Sur deux heures (temps extrêmement court pour un film de super-héros de nos jours, surtout pour un long-métrage de cette ampleur), les coupures orchestrées par la Warner et redirigées par Joss WHEDON se font gravement sentir.

Ainsi, après avoir accepté les quelques petites blagues disséminées dans le texte (qui font parfois mouche, et qui parfois gênent quand même), on note des fonds verts étranges, des acteurs changeant de visage, de ton, d’un plan à l’autre. Et ce manque se fait aussi cruellement ressentir au niveau du scénario. Après deux films complexes et torturés (Man of Steel et Batman v Superman – L’Aube de la Justice), Zack SNYDER se voit ici contraint de retirer l’aspect trop mature de ses précédents films.

Barry allen aka Flash

La quasi-absence des notions religieuses, politiques et idéologiques se fait gravement sentir. Certains éléments manquent. Et les rajouts ne sont pas forcément là pour plaire. Fini les héros torturés et les positions prises par rapport à une société qui n’accepte pas la notion d’espoir et d’héroïsme.

Même si l’évolution se fait sentir par rapport à Man of Steel, on ressent comme un schisme, une partie de l’âme du film qui lui a été arrachée pour en faire quelque chose de plus abordable. De plus simple. Et c’est dommage. Nous devons également citer Danny ELFMAN qui a le mérite d’offrir une partition des plus basiques et oubliables, un comble lorsqu’on a à l’oreille les thèmes musicaux de Hans ZIMMER et Junkie XL. Mis à part le thème de Wonder Woman, aucun thème des précédents films n’est repris, le compositeur préférant se reposer sur ses exploits passés. Une pratique pompeuse et ici ratée.

P

Les points positifs

  • Un film de super-héros avec du coeur
  • Des héros parfaits
  • Une mise en scène réussie
O

Les points négatifs

  • La musique est oubliable
  • Certains plans et effets visuels
  • Le remodelage du film et ses controverses