Quatre lycéens en retenue découvrent un jeu intriguant, qu’ils décident d’essayer. Ce jeu vidéo, ayant pour titre Jumanji, les aspire dans un univers des plus dangereux. En interprétant des avatars de jeux, les quatre héros doivent passer les différents niveaux pour sauver le monde de Jumanji et, accessoirement, leurs vies.

Vingt-et-un ans après le Jumanji de Joe JOHNSTON avec Robin WILLIAMS, Jake KASDAN décide de donner une suite à cette aventure, en s’approchant ici du modèle du jeu vidéo avec des têtes d’affiche dignes du blockbuster hollywoodien que ce film est. Y a-t-il de la place pour de la nostalgie dans Jumanji – Bienvenue dans la Jungle ? Est-ce une faute de mauvais goût de faire une suite comme celle-là pour succéder au film de notre enfance, où Robin WILLIAMS est toujours dans notre cœur ?

Bobby Cannavale, Jack Black, Karen Gillian, Dwayne Johnson, Kevin Hart

Faire une suite au Jumanji de Joe JOHNSTON peut paraître pour certains comme un sacrilège des plus infames. Faire la suite d’une saga bien des années après un opus est une mode que beaucoup de films adoptent ces derniers temps. De Mad Max à Jurassic Park (Jurassic Park III en 2001 était notamment dirigé par Joe JOHNSTON), sans oublier Star Wars ou encore Blade Runner, chaque film vise un public cible, joue la nostalgie et le fan-service. Seulement, dans le cas de Jumanji – Bienvenue dans la Jungle, le postulat est tout autre puisque Jake KASDAN décide purement et simplement de changer la base du film.

Exit le jeu de société, Jumanji s’adapte à son époque et devient une cartouche de jeu vidéo. Parlant aux jeunes, et instaurant tout de même une touche nostalgique avec l’époque de la Super NES, de la première PlayStation, on assiste à une évolution du scénario de film de base vers quelque chose de plus contemporain. Un autre public cible qui apporte une certaine cohérence au propos et au but du film. Les quatre joueurs deviennent donc des avatars de jeux, l’occasion pour les quatre têtes d’affiche de se moquer allègrement de leurs rôles. Un caractère assez méta, où Dwayne JOHNSON joue de son statut d’ancien catcheur, Kevin HART continue son jeu de cabotinage à l’extrême, Karen GILLAN n’est pas que la Lara CROFT de service et Jack BLACK est délicieux en jeune adolescente piégée dans un corps de vieillard. Au final, les relations entre les différents personnages tendent à donner le sel de l’intrigue, avec une action des plus débridées et comiques. Sur ce point, KASDAN montre qu’il sait tout à fait livrer un film d’action américain, en sachant se différencier du reste de la concurrence sur certains aspects.

Jumanji vu de l'intérieur
Martha n'a pas peur de Jumanji

Jumanji – Bienvenue dans la Jungle n’est clairement pas un chef-d’œuvre. C’est un film bourrin, rempli d’énergie et qui a pour seul vocation d’en mettre plein la rétine au spectateur. Une optique à la Transformers, l’esthétique léchée en moins. Pourtant, le film surprend sur quelques tableaux.

Si l’humour fait souvent mouche, grâce aux acteurs qui savent appréhender leurs rôles, on retient surtout la thématique du jeu vidéo. Loin d’être un simple ajout scénaristique et commercial, l’aspect vidéoludique tient une place primordiale dans l’intrigue. Entre références culturelles et véritables impacts sur le scénario, on se plait à découvrir cet aspect du jeu adapté au cinéma. Le principe de forces/faiblesses d’un personnage, le nombre de vies, les niveaux, les boss…

Au final, c’est avec plaisir que l’on suit les héros à travers ces aventures rocambolesques et délirantes. Et pour la question du titre du film… Et bien, malgré un léger rappel au premier opus, on ne retrouve rien du Jumanji originel. Et c’est tant mieux. Jake KASDAN réinvente le principe du jeu, pour livrer une suite intelligente. Donc oui, ce film est bel et bien la suite de Jumanji.

P

Les points positifs

  • Relations entre les personnages
  • L’action
  • L’aspect vidéoludique
O

Les points négatifs

  • Humour parfois un peu gras
  • Peu de lien avec le Jumanji originel