Ron STALLWORTH (John David WASHINGTON) est le premier officier de couleur à intégrer les forces de police du Colorado Springs Police Department. Accueilli en pleine période de ségrégation, Ron décide de frapper un grand coup et de faire ses preuves en intégrant le Ku Klux Klan. Assisté par Flip ZIMMERMAN (Adam DRIVER), Ron va jouer une page de l’Histoire. Mais ce serait sans compter les anciennes élites des Black Panthers qui décident de lancer une révolution raciale.

Spike LEE est un auteur à controverses, souvent au cœur de polémiques. Ses films, tels She’s Gotta Have It (Spike LEE, 1986), Mo’ Better Blues (Spike LEE, 1990) ou encore le fameux Malcolm X (Spike LEE, 1992), ont su marquer les esprits et engrangé de nombreuses polémiques. Le réalisateur revient en 2018 avec un nouveau film politisé, tiré de la véritable histoire de Ron STALLWORTH. Film indépendant mais terriblement effrayant, BlacKkKlansman – J’ai Infiltré le Ku Klux Klan est une véritable claque dans le drapeau américain.

Adam Driver et John David Washington

Au premier abord, et au vu de la communication autour, BlacKkKlansman – J’ai Infiltré le Ku Klux Klan est vendu comme une comédie, au sens de l’humour assez noir et grinçant. Mais, une fois devant l’écran, le constat est tout autre. La comédie ne se fait pas de manière scénaristique, pour faire rire le spectateur. L’aspect humoristique rentre en jeu lorsque l’on assiste à ces idées extrêmes, vendus par des néo-nazis persuadés que la population noire doit disparaître ou par une communauté noire prête à rentrer en guerre contre la supériorité blanche. Ceci ne représente même pas véritablement de l’humour, mais plutôt un grand cynisme effrayant, qui nous fait sourire tant il nous est impossible d’imaginer des êtres humains avoir de telles pensées.

Topher Grace alias David Duke

Le sourire vient surtout victorieux, en voyant cet officier noir raillé de tous parvenir à inclure le groupe raciste et extrémiste du Ku Klux Klan uniquement grâce à un discours téléphonique. Pour l’assister sur le terrain, c’est un Juif non assumé qui rejoint ce qu’il nommait être une « croisade ». Le film devient vrai, une page d’Histoire gravée devant nos yeux, sur un écran de cinéma.

John David Washington alias Ron Stallworth

Spike LEE s’est ici à nouveau entouré d’une équipe de folie, avec un duo John David WASHINGTON / Adam DRIVER au top, permettant de porter le film sur cette folle histoire entreprise par deux agents de police. La tension monte tout au long du film, au fil de cette infiltration au sein du groupe de David DUKE, grand sorcier du K.K.K.. La musique, excellente, se révèle plus marquante, l’horreur se dévoile au fur et à mesure, et le réalisateur offre un magnifique parallèle entre la guerre imminente entre les membres du K.K.K. et les membres d’une communauté noire en colère.

Le film passe de couleurs légères et poétiques à la froideur du monde réel, au racisme de cette époque. Un film que l’on a parfois du mal à supporter tant il frappe en plein dans le mille. Et pour enterrer le clou, pour permettre à cette expérience d’aller au-delà de la simple fiction, le réalisateur termine sur des images d’archive récentes, témoignant de l’Amérique de Donald TRUMP et son parallélisme à l’histoire de Ron STALLWORTH. Une véritable claque, signée Spike LEE.

P

Les points positifs

  • L’aspect historique
  • Poignant, terrifiant et cynique
  • La réalisation, les acteurs et la bande son
O

Les points négatifs