Mark HOGANKAMP (Steve CARELL) aime porter des chaussures de femme. Violemment agressé un soir, il en ressort amnésique et brisé. Son échappatoire ? Le village de Marwen et ses poupées vivant à l’intérieur. Au travers de la photo, Mark s’évade dans son imaginaire.

Trois ans après The Walk – Rêver Plus Haut, Robert ZEMECKIS revient derrière la caméra pour nous livrer un nouveau chef-d’œuvre dont il a le secret. Le réalisateur de la trilogie Retour vers le Futur, Forrest Gump, Seul au Monde ou encore Flight tient à nous prouver qu’il reste le maître de son univers et de sa caméra. Bienvenue à Marwen en est la magnifique interprétation.

Steve CARELL et Merritt WEVER

Dans sa filmographie, Robert ZEMECKIS aime flouter la frontière entre le possible et l’impossible, le réel et la fiction. D’un jeune toujours en retard qui voyage dans le temps à un homme qui décide de commettre l’impossible en faisant de l’équilibrisme entre les Deux Tours, il reste toujours cette idée d’humanité. L’être humain va interagir avec son milieu, et le façonner pour le plier à ses rêves les plus fous. Cette notion est ici prise au premier degré dans Bienvenue à Marwen, qui offre une seconde trame excellemment tournée. Pour échapper à ses troubles et son amnésie, Mark (dont c’est ici un biopic, puisque cet homme a réellement vécu cette histoire et est encore aujourd’hui actif aux États-Unis) se réfugie dans une histoire fictive, où les héros sont des poupées qu’il manipule dans un petit village nommé Marwen.

Gwendoline CHRISTIE, Steve CARELL, Janelle MONAE, Meritt WEVER, Leslie MANN et Eiza GONZALEZ

Cette histoire de poupées devient le miroir déformé de la réalité. Celui où Mark est un héros de la Seconde Guerre Mondiale, les femmes qui l’entourent dans la vraie vie deviennent des héroïnes à part entière, et les Nazis représentent alors les problèmes et les gênes. Mark va donc évoluer au fil du film en prenant conscience de cette fiction, s’échappant et ne se séparant jamais de cette nouvelle réalité qu’il a construit. Des sentiments de solitude, d’agoraphobie, de traumatismes… Voilà ce que cache Marwen, et laisse un sentiment doux-amer malgré le caractère joyeux et héroïque de l’histoire des poupées. Robert ZEMECKIS livre une histoire d’une grande justesse, où héroïsme et vie réelle vont se mêler jusqu’à un final explosif (et se permettant quelques rappels à sa filmographie passée) mais intense en émotions.

Steve CARELL

En plus d’une trame réussie, le réalisateur use de nouveaux procédés pour raconter son histoire. Ainsi, en plus de l’histoire de Mark (campé par un Steve CARELL qui nous livre l’une de ses plus belles performances), nous suivons son miroir héroïque, le Capitaine Hoggie, à travers le monde de poupée. Pour ce faire, nous retrouvons un aspect d’aventure digne des films d’époque, en s’inspirant énormément de Steven SPIELBERG et de sa quadrilogie Indiana Jones. Un aspect old-school et chaud qui tranche d’autant plus avec la réalité sévère et froide. Les poupées sont alors créées à partir d’une nouvelle forme de performance-capture (mise au point justement par SPIELBERG pour Les Aventures de Tintin – Le Secret de la Licorne en 2011 et exploitée à son maximum dans Ready Player One en 2018), où on assiste à un mélange de film et d’animation, comme si Toy Story prenait vie dans la réalité. Les visages des comédiens sont incrustés pour un résultat des plus bluffant, faisant véritablement de Bienvenue à Marwen une perle scénaristique comme technologique.

P

Les Points Positifs

  • L’intrigue
  • Les acteurs
  • L’animation
O

Les Points Négatifs

  • Aucun